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Les Rencontres scientifiques
de la Région Centre

Les Rencontres scientifiques de la Région Centre sont une manifestation organisée depuis 1994 par le Conseil régional du Centre et Centre•Sciences à l'attention du grand public.

En une journée de rencontres et de débats, des conférenciers de renommée nationale et internationale abordent un sujet scientifique d'actualité.

Les 14èmes Rencontres Scientifiques étaient placées cette année sur la thématique : Demain, quel habitat ?

A travers des conférences et une exposition, ces rencontres traitent des technologies pour l'intérieur de l’habitat ainsi que celles adaptées à l'enveloppe du bâtiment. En complément à ce volet technologique, les aspects sociétaux sont présentés d'une part sur le thème du handicap, de l'autonomie et du maintien à domicile, et d'autre part sur les évolutions de l'habitat et l'urbanisme.
Des projets de lycéens ont été présentés et les recherches menées en région Centre ont fait l'objet d'une exposition visible toute la journée.

Ces rencontres ont été animées par Fabienne Chauvière, journaliste à France Inter.
Elles ont eu lieu le mardi 10 mai 2011, au Centre de congrès de Vierzon.


Inscription sur le site internet : www.regioncentre.fr

télécharger le programme (PDF, 376 ko)


Les éditions précédentes :

  • 13e Rencontres - La chimie, parlons-en
    mardi 26 mai 2009, Université de droit d'Orléans
    Résumés des interventions
  • 12e Rencontres - Energies, environnement, société
    jeudi 30 novembre 2006, Université de Tours
    Résumés des interventions
  • 11e Rencontres - Des bactéries à l'Homme, l'histoire de la vie
    samedi 26 novembre 2005, Hôtel de Région, Orléans
    Résumés des interventions
  • 10e Rencontres - L’Homme et la Terre, samedi 29 novembre 2003, Hôtel de Région, Orléans
  • 9e Rencontres - L’Homme et l'Espace, jeudi 5 décembre 2002, Palais des congrès, Bourges
  • 8e Rencontres - Aux Frontières du Cerveau, jeudi 6 décembre 2001, Zénith, Orléans
  • 7e Rencontres - Pays et Paysages, jeudi 16 novembre 2000, Le Vinci, Tours
  • 6e Rencontres - Les Énergies, jeudi 9 décembre 1999, La Halle aux Grains, Blois
  • 5e Rencontres - Les Nourritures du Futur, jeudi 3 décembre 1998, Zénith, Orléans
  • 4e Rencontres - De l’Argile aux Matériaux du Futur
    jeudi 4 décembre 1997, Parc des Expos, Bourges
  • 3e Rencontres - Aux Nouvelles Frontières de la Médecine
    vendredi 4 décembre 1996, Le Vinci, Tours
  • 2e Rencontres - L’Eau et les Hommes
    mercredi 5 décembre 1995, Domaine de Limère, Ardon
  • 1e Rencontres - L’Espace, vendredi 27 mai 1994, Hôtel de Région, Orléans

13e Rencontres
La chimie, parlons-en

Journée animée par Fabienne Chauvière, journaliste à France Inter

Les produits naturels : sources d’inspiration et matières premières pour le chimiste

par François Tillequin, Chef de service de pharmacognosie et professeur à l’Université Paris-Descartes
Biographie et résumé (PDF, 84 ko)

Chimie, matériaux et nanomatériaux

par Bruno Chaudret, directeur de recherche au CNRS, membre de l’Académie des Sciences

La chimie au musée

par Philippe Walter, directeur de recherche au CNRS, co-directeur du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France.
Biographie et résumé (PDF, 84 ko)

La chimie, c’est la vie

par Marius Réglier, directeur de recherche au CNRS, responsable du laboratoire de Bioinorganique structurale, Université Paul Cézanne-Aix Marseille III
Biographie et résumé (PDF, 84 ko)

La chimie est-elle en guerre contre la nature ?

par Bernadette Bensaude-Vincent, professeur d’histoire et de philosophie à l’Université de Paris-Ouest, membre de l’Institut Universitaire de France et membre de l’Académie des Technologies
Biographie et résumé (PDF, 84 ko)

Bibliographie (PDF, 76 ko)



12e Rencontres
Energies, environnement, société

Journée animée par Philippe Claire, journaliste

Quelles énergies pour le nouveau siècle

par Bernard Tissot, membre de l'Académie des Sciences, Directeur général honoraire de l'IFP, Président de la Commission nationale d'évaluation des recherches sur la gestion des déchets nucléaires
Biographie et résumé (PDF, 53 ko)

Changement climatique et incertitudes

par Hervé Le Treut, membre de l'Académie des Sciences, Directeur de recherche au CNRS, Directeur du Laboratoire de météorologie dynamique, Professeur à l'École Polytechnique
Biographie et résumé (PDF, 52 ko)

Les énergies non émettrices de gaz à effet de serre

par Didier Mayer, Directeur adjoint de l'Ecole des Mines de Paris, Responsable du Centre énergétique et Procédés de Sophia Antipolis, Président de EUREC Agency
Biographie et résumé (PDF, 50 ko)

Place de l'agriculture dans le contexte énergétique et climatique

par Jérôme Mousset, ingénieur ADEME
Biographie et résumé (PDF, 50 ko)

Les priorités de recherche en matière énergétique en Europe

par Domenico Rossetti Di Valdalbero, Responsable de projets scientifiques du programme Energie, Comission recherche, Commission européenne
Biographie et résumé (PDF, 50 ko)

Passé, présent et futur de la négociation climat

par Raphaëlle Gauthier, Juriste, Droit international et européen et Droit de l'environnement, spécialité changement climatique
Biographie et résumé (PDF, 50 ko)

Bibliographie (PDF, 47 ko)




11e Rencontres
Des bactéries à l'Homme, l'histoire de la vie

Journée animée par Guillaume Lapaque

Les plus vieilles bactéries fossiles

par Frances Westall, Centre de Biophysique Moléculaire, CNRS, Orléans

Les premières traces de vie primitive sont vieilles de 3.75-3.3 milliards d’années (Ga) et font actuellement l’objet de vives discussions. Néanmoins, les traces les plus fiables témoignent de formes de vie ressemblant beaucoup à des microorganismes contemporains, dans leur structure et dans leur comportement. Ils représentaient donc déjà des formes de vie relativement évoluées. Cependant, ces organismes ancestraux habitaient une Terre très différente de celle d’aujourd’hui; on peut parler même d’une planète différente tant les conditions environnementales étaient différentes. Bien que la Terre primitive était déjà recouverte d’un océan, l’atmosphère était riche en dioxyde de carbone et le niveau d’oxygène était très bas. De ce fait, le taux de rayons UV qui atteignaient la surface de la Terre était beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui. La jeune Terre et ses océans subissaient une activité volcanique et hydrothermale très forte, sans parler des impacts beaucoup plus fréquents et puissants (jusqu’à troubler les eaux océaniques voir même stériliser la surface, comme pensent certains chercheurs). Les océans étaient donc probablement plus chauds et légèrement plus acides. La Terre primitive représentait à nos yeux un environnement extrême. Pourtant, c’est sur cette planète extrême que la vie est apparue et pour cette vie primitive, notre planète actuelle apparaîtrait comme « extrême ».

Ces organismes primitifs étaient forcement anaérobies. Par voie de conséquence, les premières traces de vie sont assez subtiles car un métabolisme anaérobie produit beaucoup moins d’énergie que son équivalent aérobie. Cependant, il semble que, malgré les conditions difficiles (entre impacts et éruptions volcaniques), la vie a pu continuer son évolution relativement paisiblement. Des roches vieilles de 3.5 Ga qui se trouvent dans le NW de l’Australie et dans l’Est de l’Afrique du Sud contiennent des traces de micro-organismes qui, semble-t-il, tiraient leur énergie de la source inépuisable du Soleil, à savoir des bactéries photosynthètiques (anaérobies). L’évolution de cette stratégie métabolique représente l’une des étapes les plus important dans l’histoire de la vie, car elle permet aux organismes de se reproduire avec beaucoup plus d’efficacité. C’est grâce à cette invention que, plus tard, les bactéries photosynthètiques ont développé un métabolisme photosynthètique aérobie encore plus efficace, qui eut pour effet de libérer de l’oxygène dans l’atmosphère, générant ainsi des conditions environnementales qui permettrant plus tard l’apparition des animaux (et de l’homme).

Les bactéries primitives ont laissé des témoignages de leur développement sur Terre, à savoir des bioconstructions macroscopiques, comme les petites stromatolithes d’environ 10 cm de hauteur et, à l’échelle microscopique, des petits corps pétrifiés d’environ 1 µm. La fossilisation de ces êtres mous, sans os ni coquille, devait forcement être un processus très rapide (entre quelques heures à quelques semaines) pour permettre leur conservation. On retrouve même des traces chimiques et isotopiques de leurs compositions et de leurs métabolismes. Bien entendu, comme la fossilisation de ces microorganismes s’est faite dans une matrice de minérale, leur identification requiert des techniques sophistiqués et un soin très particulier.

  • Westall, F., 2003. Le contexte géologique de l’origine de la vie et les signatures minerals de la vie fossile. In : Les traces du vivant, M. Gargaud et al., (Eds.) , Presses universitaire de Bordeaux, Bordeaux, pp. 319-342.
  • Westall, F. (2004), Early life on earth: The ancient fossil record, in Ehrenfreund, P., et al., eds., Astrobiology: Future Perspectives: Kluwer, Dordrecht, pp. 287–316.
  • Westall, F., S.T. de Vries, W. Nijman, V. Rouchon, B. Orberger, V. Pearson, J. Watson, A. Verchovsky, I. Wright, J.-N. Rouzaud, D. Marchesini, and S. Anne (2005), The 3.466 Ga Kitty’s Gap Chert, an Early Archaean microbial ecosystem, in Reimold, W.U. and Gibson, R., Processes on the Early Earth, Geol. Soc. Amer. Bull., in press.
  • Westall, F. and Southam, G., 2005. The early record of life. In: Arcean geodynamics, K.Benn (Ed.), AGU Monograaph series, in review.
  • Westall, F. (2005a), Life on the early Earth: A sedimentary view, Science, 434, 366-367.

Frances Westall est Directeur de Recherche au Centre de Biophysique Moléculaire, CNRS, Orléans et Directrice de l’équipe Exobiologie. Le groupe s’intéresse à une gamme de sujets autour de l’origine de la vie : le contexte géologique de l’origine de la vie, la formation des briques organiques de la vie, les premières traces de vie, et la recherche des traces d’une vie extraterrestre. Son groupe est impliqué dans plusieurs missions et expériences de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Ses spécialités propres sont la paléontologie bactérienne et la sédimentologie.

Elle a travaillé dans les domaines de la sédimentologie marine, la microbiologie et al géomicrobiologie. Ces travaux ont commencé avec un doctorat en géologie marine (1984) de l’Université de Cape Town en Afrique du Sud (d’où elle est originaire), suivi par différents projets de recherche au Alfred Wegener Institut, Bremerhaven en Allemagne, l’Université de Nantes, l’Université de Bologne en Italie et, finalement, le NASA-Johnson Space center et le Lunar and Planetary Institut à Houston (USA).

La biodiversification

par Patrick Blandin, Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle

La réplication de l’ADN est un processus moléculaire d’une extrême sophistication : à chaque fois qu’une nouvelle cellule se forme, une minutieuse copie de son « prêt-à-porter » génétique en assure en principe la rigoureuse reproduction. En principe, seulement. Car le vivant est étonnamment diversifié ; le nombre des espèces vivant actuellement est estimé à quelques millions par les chercheurs prudents, à 30, 80, voire 100 millions par ceux qui le sont moins. Et les espèces d’aujourd’hui ont été précédées par des millions d’autres depuis les lointains débuts de la vie sur la Terre. La reproduction est la caractéristique première du vivant, mais la diversification ne l’est pas moins : si le vivant n’était pas capable de changer, il n’existerait pas.

La « biodiversification » peut être étudiée selon deux approches. La première est d’ordre historique : elle décrit les changements spatio-temporels de la composition des communautés d’organismes vivants qui se sont formées dans les différents milieux de la planète. La seconde analyse les processus qui, à différentes échelles, expliquent ces changements. L’exposé privilégie cette deuxième approche. Dans un premier temps, les mécanismes moléculaires producteurs de diversité génétique sont brièvement rappelés, puis l’on montre l’importance de la reproduction sexuée comme processus créateur de variabilité. Une deuxième partie évoque les grands évènements de la biodiversification, uniquement pour en dégager une typologie. Ceci conduit, dans une troisième partie, à préciser à partir d’exemples, en quoi consiste la spéciation, c’est-à-dire le processus de formation de nouvelles espèces. A partir de là, une dernière question importante est abordée : pourquoi certaines régions sont-elles beaucoup plus riches en biodiversité que d’autres ?
La conclusion pose le problème du devenir de la biodiversité et, plus précisément, celui du maintien du potentiel de diversification d’une biosphère soumise à l’emprise croissante des humains.

Patrick Blandin est Professeur du Muséum National d’Histoire Naturelle depuis 1988, après avoir été Agrégé-Préparateur de Zoologie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris puis Maître de Conférences à l’Université Pierre et Marie Curie. Diplômé d’Etudes Approfondies en Entomologie, il est l’auteur d’une thèse de Doctorat d’Etat sur l’écologie des Araignées d’un écosystème de savanes, en Côte d’Ivoire, et de recherches sur la systématique et la biogéographie de Lépidoptères d’Amérique tropicale. Il a animé des recherches d’écologie dans le massif forestier de Fontainebleau, et dirigé un programme interdisciplinaire sur le devenir de la biodiversité dans les îlots boisés des plaines de grande culture du Gâtinais. Il poursuit actuellement des recherches d’une part sur les interactions entre éthique et conceptions scientifiques dans le champ de la conservation de la biodiversité, d’autre part sur l’évolution et la diversification des Lépidoptères sud-américains du genre Morpho.

Au Muséum, Patrick Blandin a dirigé le Laboratoire d’Ecologie Générale (1988-1998), la Grande Galerie de l’Evolution, dont il a été l’un des concepteurs (1994-2002), le Laboratoire d’Entomologie (2000-2002). Il a également assuré la direction, à titre provisoire, du Département du Musée de l’Homme (2002-2003). Aujourd’hui membre du Département Hommes-Natures-Sociétés, il est chargé de mission scientifique à la Direction Générale du Muséum (conservation de la nature, éthique environnementale et développement durable). Dans le cadre du Master « Evolution, Patrimoine naturel et Sociétés » du Muséum, il est responsable de la spécialité professionnelle « Développement et Aménagement Intégré des Territoires », qui relève d’une Chaire UNESCO du Développement Durable. Par ailleurs, il préside le Comité Scientifique de la Réserve de Biosphère du Pays de Fontainebleau et du Gâtinais français (Programme Man And Biosphere de l’UNESCO).

  • Barbault, Robert et Chevassus-au-Louis, Bernard, 2004. Biodiversité et changements globaux. Enjeux de société et défis pour la recherche. Adpf. Ministère des Affaires étrangères, Paris.
  • Blandin, Patrick, 1996. L’évolution. Bordas/Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris.
  • Blandin, Patrick, 1999. Biodiversité. In : Dictionnaire de l’Ecologie. Encyclopaedia Universalis et Albin Michel, Paris : 177-187.
  • David, Patrice et Samadi, Sarah, 2000. La théorie de l’évolution. Une logique pour la biologie. Flammarion, Paris.
  • Gould, Stephen Jay, 1991. La vie est belle. Seuil, Paris.
  • Lamotte, Maxime, 1994. Théorie actuelle de l’évolution. Hachette, Paris.
  • Lecointre, Guillaume et Le Guyader, Hervé, 2001. Classification phylogénétique du vivant. 2e édition. Belin, Paris.
  • Le Guyader, Hervé (dir.), 1997. L’évolution. Belin-Pour la Science, Paris.
  • Tassy, Pascal, 2000. Le paléontologue et l’évolution. Editions le Pommier, Paris.

La sortie des eaux

par Jean-Pierre Gasc, Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle

Les origines de l'homme, entre nouveaux fossiles et vieil ADN

par Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France

Nos origines sont africaines, mais où en Afrique ? Depuis la découverte de Lucy en 1974 jusqu’à celle d’Orrorin en 2000, le « fossile du millénaire », les fossiles indiquaient l’Afrique à l’est des vallées du Rift. C’est alors qu’arrive Toumaï provenant du désert du Djourab au Tchad et âgé de 7 millions d’années. Du coup, on ne sait plus si la séparation entre notre lignée et celle qui donnera les chimpanzés s’est faite à l’ouest ou à l’est du Rift. En tout cas, on se trouve près du dernier ancêtre commun aux hommes et aux chimpanzés d’aujourd’hui, bien que l’on continue à ignorer ces derniers. Or voilà qu’ils se rappellent aux bons souvenirs des Hommes avec la publication du séquençage de l’ADN d’un chimpanzé en septembre 2005. D’un côté des fossiles qui enfoncent les origines de notre lignée dans le temps, de l’autre de l’ADN qui les rapprochent dans le temps. Le défi des origines se situe là, à la rencontre obligée des ces deux lignées sœurs grâce à des fossiles et des molécules d’ADN.

On se heurte à de nouvelles difficultés, notamment comment définir ce qui est propre à la lignée humaine et qu’est-ce que le genre humain ? On ne connaît rien, hélas, de l’histoire évolutive de nos frères d’évolution chimpanzés et bonobos. Quant à la nôtre, celle des hominidés, elle ne cesse de s’enrichir de nouvelles espèces, transformant notre arbre évolutif en un buisson de plus en plus touffu. Dès que l’on dispose de données fossiles, on constate qu’il a toujours existé plusieurs espèces d’hominidés contemporaines, et même des espèces d’hommes qui ont cohabité, comme les hommes de Neandertal et ceux de Cro-Magnon en Europe il y a seulement 35.000 ans. Aujourd’hui, il n’y a qu’une espèce d’homme sur la Terre. Tant que l’on n’avait pas tous ces fossiles et tant que l’on ignorait les chimpanzés, tout semblait si simple. Alors plus que jamais se pose la question de qu’est ce que l’Homme? entre une histoire évolutive sans cesse revisitée par de nouvelles découvertes et un futur incertain qui se veut humain.

Derniers ouvrages paru :

  • Picq Pascal. Nouvelle Histoire de l’Homme. Perrin, 2005.
  • Picq Pascal, Lestel Dominique, Desprêt Vinciane et Herzsfeld Chris. Les Grands Singes : l’humanité au Fond des Yeux. Odile Jacob, 2005.
  • Pascal Picq et Hélène Roche. Les premiers outils : les origines de la Culture. Paris, Le Pommier/La Cité des Sciences (2004).
  • Pascal Picq et François Savigny. Les Tigres. Paris, Odile Jacob (2004)
  • Pascal Picq. Au commencement était l’homme. Paris, Odile Jacob (2003)
  • Pascal Picq, Michel Serres et Jean-Didier Vincent. Qu’est-ce que l’humain ? Paris, Le Pommier (2003)
  • Pascal Picq et Laurent Lemire : A la recherche de l’homme. Nil, octobre 200
  • Pascal Picq. Le singe est-il le frère de l’homme ? Le Pommier, Novembre 2002.
  • Pascal Picq et Yves Coppens. Aux Origines de l’humanité. 2 volumes. Paris, Fayard, 2001.

Pascal Picq est paléoanthropologue au Collège de France où il a collaboré avec le professeur Yves Coppens. Engagé dans des études de physique, il mène deux cursus en parallèle en physique théorique (université Paris VI) et en archéologie préhistorique (université Paris I). Après un DEA de paléontologie des vertébrés et de paléontologie humaine et une thèse (université Paris VI) il part au Duke University Medical Center pour des études post-doctorales qui se prolongent par une position de chercheur associé et d’instructeur en anatomie.

Ses recherches s’intéressent à l’évolution du crâne des hominidés, ce qui comprend les hommes et leurs ancêtres ainsi que les grands singes. Elles s’appuient sur une approche expérimentale qui s’inscrit dans le cadre de la morphologie évolutive. Cela conduit, entre autre, à reconstituer la signification fonctionnelle et adaptative du crâne des hominidés en rapport avec les facteurs de sélection naturelle et de sélection sexuelle.

Pascal Picq contribue à la diffusion des connaissances en paléoanthropologie grâce à la publication d’une quinzaine de livres, dont plusieurs pour les jeunes, et la participation comme à la co-réalisation d’expositions, de films et de CD-ROM.

L'homme de Toumaï

par Michel Brunet, Professeur à l'Université de Poitiers

L'espèce humaine est-elle prédestinée ?

par Jacques Arnould, chargé de mission au Centre National d’Études Spatiales

Parmi les êtres vivants, seul l’être humain, pense-t-on, possède la capacité d’imaginer, autrement dit de se projeter dans un autre-part et dans un autre-temps. Singulière et fascinante imagination qui ouvre à l’humanité les immenses champs des rêves éveillés et des terreurs secrètes, des espérances folles et des craintes dévorantes. Un seul savoir, une seule certitude, pourtant : celle de sa propre mort, de sa propre fin. Alors naît une terrible question : entre la vie présente et la mort annoncée, est-ce là terre inconnue livrée à notre responsabilité, volontaire et libre, ou bien itinéraire tracé d’avance, sans chemin buissonnier ni porte de sortie ?

Subjugué par les mouvements des astres auxquels il ne voyait aucune pièce d’horloge, l’humain a cru longtemps que son destin était inscrit dans d’identiques rouages, tables ou lois, selon le désir de quelque esprit supérieur, architecte ou horloger. Puis, avec les temps modernes, il pensa par la connaissance se débarrasser de ces vieilles lunes et conquérir la liberté d’un surhomme. Il crut Tristan Bernard qui disait à sa femme, lors de son arrestation par la Gestapo : « Le temps de la peur est fini. Maintenant commence le temps de l’espoir. » La science, il est vrai, lui ouvre toujours un extraordinaire espace de possibles… Mais, en même temps, elle lui fait découvrir de nouvelles « horloges », j’entends de nouvelles contraintes, de nouvelles lois, comme celle de la génétique. Serait-il réellement prédestiné ?

Que penser alors des mots de Jacques Monod, au terme de son livre, Le hasard et la nécessité ? « L'ancienne alliance est rompue : l’homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. À lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres. » Monod oublierait-il le poids des si nombreux héritages de l’humanité : génétique, historique, culturel, etc. ? Son « Royaume » et ses « ténèbres » sont-ils les Paradis et les Enfers auxquels les religions destinent notre humanité ? Question ouverte et disputée… Monod, du moins, rappelle qu’il n’y a pas de destin, pour l’humanité, sans devoir ni sans choix. Ou alors il n’y a plus d’humanité.

Jacques Arnould, né en 1961, est dominicain. Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie, il s'intéresse aux relations entre sciences, cultures et religions, avec un intérêt particulier pour deux thèmes : celui du vivant et de son évolution, celui de l'espace et de sa conquête. Au premier, il a consacré plusieurs ouvrages et articles d'histoire ou de théologie. Sur le second, il travaille comme chargé de mission au Centre National d'Études Spatiales sur la dimension éthique, sociale et culturelle des activités spatiales.

Publications:

  • Les Créationnistes, Cerf, 1996.
  • Darwin, Teilhard de Chardin et Cie, DDB, 1996.
  • Les Avatars du gène (en collaboration avec Pierre-Henri Gouyon et Jean-Pierre Henry), Belin, 1997.
  • La Théologie après Darwin, Cerf, 1998.
  • Le Parfum et les Larmes (en collaboration avec Lucienne Rousseau), Editions de l’Atelier, 1999.
  • Dieu, le singe et le big bang, Cerf, 2000.
  • La Dispute sur le vivant (en collaboration avec Jean-Didier Vincent), DDB, 2000.
  • L'Église et l'histoire de la nature, Cerf/Jaca, 2000.
  • Accueillir la différence, Editions de l’Atelier, 2001.
  • La Seconde Chance d’Icare. Pour une éthique de l’Espace, Cerf, 2001.
  • Chevaucheur des Nuées (en collaboration avec Jean-Pierre Haigneré), Solar, 2001.
  • Quelques pas dans l’univers de Pierre Teilhard de Chardin, Aubin, 2002.
  • Les Moustaches du diable. Lorsque la foi se frotte à la science, mais aussi à l’astrologie, aux miracles, aux expériences de mort imminente, Cerf, 2003.
  • La Lune dans le bénitier. Conquête spatiale et théologie, Cerf, 2004.
  • Pierre Teilhard de Chardin, Perrin, 2005.


Page mise à jour le 22 août 2011 à 15h11
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